Montréal, le 25 avril 2008
À l’attention de tous les membres de l’AQTIS
Objet : Entente collective publicitaire menacée
Depuis juin 2007, une nouvelle Entente collective «Messages Publicitaires» est en vigueur
entre les membres de l’AQTIS et les producteurs membres et permissionnaires de l’APFTQ.
Celle-ci prévoit, entre autre, que tous les membres de l’AQTIS et de l’APFTQ conviennent
de n’accepter aucun engagement qui ne soit conforme aux dispositions de l’Entente.
Avant même l’entrée en vigueur de l’Entente, nous étions conscients de la possibilité que
certains de nos membres ne respectent pas l’obligation qui leur est faite de ne pas travailler
sur des productions non-syndiquées. Or, les statistiques provenant de nos bases de
données démontrent que durant les sept premiers mois de l’application de la nouvelle
Entente collective, seulement sept publicités sur support vidéo ont été sous contrats
syndiqués. Force est d’admettre que la réalité dépasse nos craintes.
À eux seuls, ces chiffres démontrent que les membres de l’APFTQ qui respectent l’Entente
se font « voler » des productions par d’autres producteurs qui en profitent pour couper dans
les frais reliés à vos salaires (REÉR, assurances, etc.) et ainsi offrir des publicités moins
coûteuses à leurs clients. Certains producteurs membres de l’APFTQ se sentent ainsi floués
et menacent de ne plus tourner de publicité sous contrat syndiqué et de se retirer de
l’APFTQ pour agir comme leurs compétiteurs, selon la loi du libre marché.
Par ailleurs, les membres de l’AQTIS qui acceptent de travailler sur ces tournages nonsyndiqués
reçoivent moins que ce que prévoit l’Entente. Pour bénéficier d’un contrat à court
terme, ces personnes encouragent la multiplication des tournages non-syndiqués ce qui,
par effet d’entraînement, crée une pression pour abaisser le niveau général des conditions
de travail dans ce secteur d’activité. Nous risquons donc de perdre rapidement ce que nous
avons gagné de haute lutte. Cela montre que l’intérêt personnel mal compris nuit à l’intérêt
collectif.
Les articles 3,10 et 3,11 de l’Entente sont très clairs et interdisent à nos membres de travailler
avec un producteur qui n’est pas membre ou permissionnaire de l’APFTQ. Cette obligation
est en fait un engagement que nous avons les uns envers les autres. De cette façon, aucun
producteur n’aurait accès à vos services s’il ne signe pas un contrat syndical avec vous. En
conséquence, pour protéger notre bien commun, l’AQTIS a le devoir d’intervenir pour
sanctionner le comportement des membres récalcitrants. Pour faire face à cette situation,
votre conseil d’administration a adopté en juin 2006 une résolution prévoyant des mesures
afin de faire respecter l’Entente. Il a réitéré sa position le 22 avril 2008 en adoptant une
résolution qui charge le comité de discipline de prendre toutes les mesures nécessaires pour
sanctionner les membres qui refuseront de s’y conformer.
En conséquence, nous désirons vous rappeler que, dans le cadre de toute production de
type publicitaire :
- chaque membre est tenu de refuser tout engagement d’un producteur qui
n’est ni membre, ni permissionnaire de l’APFTQ et qui ne s’est pas prévalu
de l’application de l’Entente collective en signant la lettre d’adhésion prévue
par l’article 3.7 de ladite entente collective;
- chaque membre est tenu d’aviser l’AQTIS de tout projet non-syndiqué qui lui
est offert;
- tout membre qui effectue du travail non-syndiqué sera appelé à venir justifier
son geste devant ses pairs en comité de discipline et risque de se voir
imposer des sanctions disciplinaires.
En terminant, nous réitérons l’importance de cette situation pour les membres de l’AQTIS
puisque c’est la viabilité de notre Entente collective qui est en cause ici. En tant que pigiste,
la tentation est quelquefois forte d’accepter tout contrat, peu importe les conditions.
Cependant, en tant que pigiste et membre de l’AQTIS, chacun profite des avantages que
confèrent les ententes collectives et chacun doit en contrepartie en assumer les obligations.
Chacun doit surtout prendre conscience que c’est par l’action collective et la solidarité que
nous avons pu, en tant que groupe, améliorer nos conditions de travail. C’est aussi par
l’action collective que nous taillons notre place dans l’industrie afin d’en faire un lieu où nous
serons reconnus à notre juste mérite et où nous pourrons progresser.
Vous remerciant d’avance de votre collaboration, je vous transmets, chers collègues, mes
plus cordiales salutations.
Pour le conseil d’administration de l’AQTIS
Brunhilde Pradier
Présidente